Une folie

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En fait, non. Je l'ai eu il y a plusieurs semaines, mais je devais être prêt à le concrétiser. Et c'est en fin de semaine que ça s'est fait. La folie, MA folie, était de faire la distance Rosemère - Québec en vélo le samedi et de revenir le lendemain. Je dis Québec, mais comme j'ai une soeur qui habite à Loretteville, c'est plutôt là que je me suis rendu. Porte à porte ça donnait 270.7 kilomètres.

Je n'allais quand même pas faire ça tout seul, alors j'ai demandé à Richard, mon compagnon de vélo, de m'accompagner. Richard roule depuis plusieurs années, mais quand on a commencé à rouler ensemble, il ne pouvait tenir 30km/h pendant longtemps et devait faire une pause si on faisait plus de 100 kilomètres. Maintenant, il n'a aucune difficulté à rouler à une moyenne de plus de 32km/h sur des distances plus longues, sans faire aucun arrêt. Le compagnon idéal pour une telle aventure.

Nous sommes donc partis à 7h30 samedi matin et nous sommes arrivés à Loretteville à 18h00. Si on fait exception des arrêts obligatoires que nous devions faire, c'est une vitesse moyenne de 32.3km/h qu'on a maintenu. Je dis arrêts obligatoires, car avec la chaleur suffocante qu'il faisait, nous devions constamment nous arrêter pour remplir nos gourdes et nous rafraîchir. Et malheureusement, l'aller a été la partie facile. Le retour le lendemain a été atroce! Il faisait encore plus chaud et nous avions un vent de face. Je me connais assez au point de vue physiologique pour vous affirmer que quelques minutes de plus, quelques kilomètres plus loin et c'était la défaillance. Je le sentais. Mes forces s'en allaient tranquillement. Quand je suis finalement débarqué de mon vélo à Rosemère, j'ai eu une petite perte d'équilibre, symptôme d'un coup de chaleur. Et j'étais un peu, un tout petit peu fiévreux. Car malgré toutes les tentatives de refroidissement avec des arrêts fréquents, la température du corps n'a cessé d'augmenter. Les derniers 100 kilomètres ont été franchis par tranche de 20 à 25. À chaque fois qu'on s'arrêtait, j'enlevais mes chaussures, car les pieds me brûlaient, je mettais mes pieds sous l'eau froide - chaussettes inclues! - j'enlevais mon maillot que j'imbibais d'eau aussi et je le remettais aussitôt. Et je portais un linge mouillé sous mon casque.

Lorsqu'on roulait, je m'aspergeais d'eau à toutes les 10 minutes environ. Le problème est que cette eau, dans les gourdes, devenait vite trop chaude pour nous donner un petit répit.

Ce qui était bien par contre, c'est que tout au long du trajet, à chaque fois qu'on s'arrêtait, les gens étaient curieux de savoir où on allait par cette chaleur. Ils étaient certainement estomaqués lorsqu'on leur répondait.

Mais nous avons réussi. Quelle sensation lorsqu'on a tourné le coin de notre rue! On avait parcouru 541 kilomètres durant ces deux jours. Et là on s'est dit qu'on était fous et que plus jamais on ne ferait une telle chose. "Yeah, right!". Le lendemain, si ce n'avait été d'un événement au centre-ville auquel je devais participer, je serais venu travailler en vélo...