
Innsbruck. ©iStock
Mais je n'écris pas cette chronique aujourd'hui pour me plaindre. C'est plutôt le contraire. J'ai le goût de rigoler et je veux le faire en partageant ces petites anecdotes de voyage. Vous allez voir qu'on devait se débrouiller seul pas mal souvent...
Cette histoire se passe en 1976, immédiatement après mes premiers Jeux olympiques, ceux d'Innsbruck, en Autriche. Lorsque les Jeux se terminent, je dois me rendre au Championnat mondial qui se déroule aux Pays-Bas. Mais avant de m'en aller là, je dois passer une semaine sur notre base habituelle d'entraînement, en Allemagne. Je suis le seul qui doit se rendre dans le pays germanique. En fait, je suis le seul Canadien qui prendra part à ce Championnat du monde. Les autres membres qui sont encore avec l'équipe après les Jeux, soit les trois filles, l'entraîneur et le physiothérapeute, doivent eux se rendre en Norvège pour le Championnat du monde féminin. Alors, l'entraîneur me donne les directives: «Tu prends le train d'Innsbruck jusqu'à Munich, ensuite de Munich jusqu'à Traunstein et de Traunstein tu prends l'autobus pour te rendre à Inzell. Tu as une chambre réservée à l'hôtel de la piste. Entraînes-toi là toute la semaine. Je t'ai inscrit à la compétition du weekend. Lundi prochain, reprends le train jusqu'à Munich et on te rejoindra à Amsterdam...»
Pas très compliqué, n'est-ce pas? J'ai quand même 17 ans et je parle presque anglais. Je suis habitué de me débrouiller.
Le jour venu, un lundi, je fais mes bagages et quitte le village olympique afin de me rendre à la gare d'Innsbruck. J'achète mon billet pour Munich. Voyons voir... ha, oui, c'est indiqué ici... Track 22... Je descends quelques marches, traverse sous plusieurs voies, remonte et... oups... track 18 et 19... je redescends, repasse sous d'autres voies - pas facile avec des bagages pour trois mois qui pèsent un total de 85 livres! Pas de restriction «dans mon temps» - je remonte enfin vers la voie 22 et.... regarde le train partir! Ça commence bien!
Je ne suis toutefois pas du genre à paniquer, alors je retourne de peine et de misère à l'endroit où on vend les billets et demande le prochain train pour Munich.... «Demain, monsieur», qu'on me répond...
Bon, je ne vais quand même pas traîner mes bagages tout le temps. Je «spotte» des cases, j'y mets tous mes bagages et je retourne au village olympique où j'y ai toujours ma chambre et où c'est gratuit. Ça m'évitera ainsi de faire une dépense qui n'était pas prévue.













