Même s'il avancera en territoire inconnu et si son inexpérience en séries pourrait soulever des inquiétudes, Jaroslav Halak inspire tout sauf le doute en ce moment. Choisi première étoile de la semaine dans la LNH après avoir blanchi les Flyers et les Sabres, Halak permet à son équipe de croire en ses chances de gagner à chaque partie qu'il entreprend, le rêve de tout entraîneur à l'aube des éliminatoires.
Dépanneur par excellence de l'organisation depuis la saison 2006-2007, saison au cours de laquelle il avait joué seize rencontres, ce choix de neuvième ronde en 2003 a changé l'allure de sa carrière quand à la fin novembre, il a demandé au Canadien de le faire jouer plus souvent ou de l'échanger. C'est à ce moment que Halak a décidé qu'il en avait assez de jouer les seconds violons.

La Presse Canadienne
Après avoir remporté cinq victoires en sept départs au mois d'octobre, Halak n'a gardé les filets qu'une seule fois en novembre (le 10), une défaite de 1-0 contre les Flames. Il revient devant le filet après trois semaines d'inactivité (le 3 décembre) et donne 6 buts aux Sabres dans une défaite de 6-2. Jacques Martin en tire une leçon et le ramène cinq jours plus tard contre les Sénateurs. Halak bloque 45 des 46 lancers dirigés vers lui et remporte sa sixième victoire en dix départs. Il trébuche à nouveau contre les Sabres au match suivant alors qu'il cède quatre fois sur 27 lancers.
La nouvelle voulant qu'il soit officiellement sur le marché est de notoriété publique lorsque pour la deuxième fois de sa jeune saison, Halak colle quatre victoires de suite en réalisant quarante arrêts ou plus à chaque occasion.
Appelé à commenter la sélection de son gardien à titre de joueur par excellence de la dernière semaine dans le circuit Bettman, l'entraîneur Jacques Martin pense que c'est peut-être au niveau de la « dureté de son mental » que le slovaque a le plus progressé.
J'avais justement demandé à Jacques Demers à ce moment s'il croyait que le fait que Halak ait décidé de challengerla direction du Canadien pouvait changer la suite de sa carrière, « sans aucun doute » m'avait spontanément répondu le dernier entraîneur à avoir gagné la Coupe Stanley à Montréal. En cognant à la porte de Bob Gainey, Halak savait ce qu'il faisait et surtout, il sentait qu'il avait les aptitudes pour appuyer sa requête. Depuis le jour où il a lui-même déterminé qu'il méritait le statut de gardien numéro un, ici ou ailleurs, Jaroslav Halak a sans l'ombre d'un doute été à la hauteur de ses prétentions.
Ce statut de numéro un tant convoité, c'est d'abord avec son pays qu'il l'a obtenu à Vancouver où il a mené la Slovaquie jusqu'en demi-finale (une défaite) du tournoi olympique, revendiquant même une victoire contre les Russes en tirs de barrage. Depuis, il ne veut rien savoir. Neuf victoires et trois défaites, dont une en prolongation. Ses six victoires consécutives tout de suite après le retour des olympiques ont donné l'élan nécessaire aux espoirs du Canadien de participer aux séries. Et même si Carey Price a bien fait quand Jacques Martin a encore une fois tenté de le relancer, c'est à nouveau Halak qui a remis son équipe en selle avec ses deux victoires de la dernière fin de semaine.
Avec un peu de recul, je crois que le Canadien aurait quelques points de plus au classement si Halak avait joué plus souvent cette saison. Il a gagné 26 parties cette saison contre 12 défaites seulement (trois en prolongation).
Il a regardé Carey Price remporter la Coupe Calder à Hamilton alors qu'il en aurait peut-être fait autant (on ne le saura jamais), il a vu Cristobal Huet perdre un match qu'il aurait peut-être gagné en 2007 quand les Maple Leafs de Toronto ont éliminé l'équipe de Guy Carbonneau au dernier match de la saison. Il a été offert à plusieurs équipes de la LNH cette saison et personne n'a voulu payer le prix demandé par Bob Gainey (qui n'était semble-t-il pas si élevé).
Maintenant, son tour est venu. Quand Halak est devant la cage, ses coéquipiers pensent non seulement qu'ils ont une chance de gagner, ils croient qu'ils vont gagner. Les partisans aussi oserais-je ajouter!
Son expérience olympique derrière la cravate ajoutée à sa lente ascension dans l'organisation montréalaise où seules les victoires lui permettaient jusqu'ici de revenir devant le filet pour le match suivant font en sorte que les espoirs du Canadien de franchir une ronde ou deux ne reposent pas sur les épaules d'une frêle recrue mais bel et bien d'un jeune homme sûr de lui qui attendait pareille occasion depuis longtemps.
Des amateurs et collègues pensent que le Canadien subira encore une élimination hâtive et ils n'ont peut-être pas tort. La possibilité d'affronter Washington, Pittsburgh ou les Devils dès le premier tour n'est guère réjouissante mais lorsque votre gardien affiche le troisième meilleur pourcentage d'efficacité (.927) de toute la LNH, il est tout de même permis d'y croire un peu ! Hala-K-oupe ?













