Louis Leblanc à Régina, le 16 décembre 2009.

©Ryan Remiorz/PC

Le jeune homme augmente ses chances de se tailler un poste avec Équipe Canada junior au prochain Championnat du monde et est assuré de disputer beaucoup plus de matchs que s'il avait poursuivi ses études à la prestigieuse université américaine. Les deux seules options étaient donc de s'en aller directement dans la Ligue américaine de hockey dans le but de compléter sa formation pour éventuellement graduer avec le grand club, ou bien celle de s'aligner avec le Junior de Montréal après son premier camp d'entraînement avec le Canadien.

N'eût été du fait que le Canadien n'était pas totalement à l'aise avec l'idée de priver la seule équipe de hockey junior de la grande région métropolitaine d'un joueur local qui pourrait avoir un impact considérable sur les performances de l'équipe de Pascal Vincent, tant sur la glace qu'aux guichets, il est évident qu'un séjour à Hamilton aurait procuré plus de latitude à la direction de l'équipe. En décidant de dire oui au Junior de Montréal, Louis Leblanc met lui-même une croix sur la possibilité de jouer avec le grand club cette année, à moins qu'un rappel en situation d'urgence le commande. Le Canadien prendra vraisemblablement tout le temps nécessaire pour permettre à son premier choix de la séance de 2009 d'être fin prêt à connaître du succès quand il amorcera officiellement sa carrière dans les rangs professionnels.

Combien de temps mettra Louis Leblanc à atteindre la LNH ? Difficile d'y répondre tout de suite, mais l'horizon de la campagne 2012-2013 semble plausible et même un brin conservateur. Ce qu'il nous montrera au camp d'entraînement lorsqu'il sera mêlé aux hommes pour une première fois fournira une très bonne indication du temps qu'il devra mettre pour parvenir à s'imposer dans un tel calibre. En fait, celui qui a remporté le championnat des marqueurs de la ligue Midget AAA du Québec avant de s'expatrier à Harvard vivra l'année de hockey la plus intense de sa carrière à des années lumières du calendrier de 31 matchs qu'il a connu avec l'université américaine.

Ce que Louis Leblanc et les dirigeants du Canadien ont hâte d'évaluer, c'est de voir s'il sera aussi dominant chez les juniors qu'il l'était chez les midgets, surtout après deux années complètes passées dans le système scolaire américain. Nous verrons vite si sa progression a stagné quand il se mesurera aux meilleurs juniors du pays dans le cadre du camp estival d'Équipe Canada, lui qui a été écarté de la sélection canadienne l'hiver dernier.

Les grands gagnants de la décision prise par Louis de revenir au Québec pour la suite de son développement sont sans l'ombre d'un doute le Junior de Montréal et la LHJMQ. Je ne croyais pas beaucoup aux chances de le voir évoluer chez les juniors puisque le jeune Leblanc avait la possibilité d'accélérer son cheminement en allant tout de suite à Hamilton, mais je suis maintenant convaincu qu'il a pris la bonne décision. En devenant le leader d'une équipe qui figure parmi les favorites du circuit Courteau à quelques semaines d'une nouvelle saison, il aura la chance de mieux s'adapter à la pression de gagner dans le marché montréalais, ce qui devrait donc constituer un moins grand choc quand il fera éventuellement le saut chez les pros.

Encore méconnu des amateurs de hockey de la province, Louis Leblanc sera sans doute le joueur le plus épié de la Ligue junior majeure du Québec la saison prochaine. Ayant encore frais en mémoire les débuts triomphaux de Guillaume Latendresse à son premier camp à Montréal, le Canadien ne fera graduer l'athlète du West Island que lorsqu'on aura acquis la conviction qu'il sera à la hauteur des premiers « Louis, Louis, Louis » qui résonneront dans le Centre Bell à ses premiers bons moments au camp.