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Randy Cunneyworth
Cette phrase tout simple est la plus claire et candide sortie de la bouche de quelqu'un en autorité chez le Canadien de Montréal depuis le congédiement de Jacques Martin.
Ainsi à ceux qui croyaient que Pierre Gauthier avait confirmé que Randy Cunneyworth serait remplacé à la fin de la présente saison, il n'en est rien. Comme Pierre Gauthier l'a dit lors de la nomination de Cunneyworth, une langue, ça s'apprend. Cette phrase de Randy Cunneyworth veut donc dire que tel que lui a sans doute laissé entrevoir Pierre Gauthier au moment de le placer dans une situation extrêmement difficile, il considère - en toute légitimité d'ailleurs - qu'il mérite une chance de transformer son intérim en permanence.
N'oublions pas une chose, même s'il a été placé dans une situation très délicate, Randy Cunneyworth a encore un avantage que quiconque désireux de diriger le Canadien n'a pas. Il a le privilège de faire ses preuves et montrer à tout le monde ce que son leadership peut avoir comme effet sur le groupe qu'il a sous la main.
Dans le véritable premier scénario que Gauthier avait en tête, Cunneyworth profitait du choc du congédiement de Martin, relance l'équipe jusqu'à une participation aux séries, remporte une victoire surprise en première ronde et s'impose par le fait même comme le candidat numéro un au poste d'entraineur-chef avec la promesse de passer l'été en immersion à Chicoutimi. C'est pour ça que Pierre Gauthier a dit, « une langue, ça s'apprend ».
Car même s'il n'a pas eu le courage de le dire aussi franchement, c'est exactement ça que Gauthier avait et a encore en tête même s'il a visiblement été ébranlé par les réactions exprimées à la suite de la nomination d'un entraineur unilingue anglophone dans un processus que je qualifierais d'intérim « expérimental ».
Pour Pierre Gauthier, il ne faisait et ne fait toujours aucun doute que Cunneyworth est son homme. C'est pour ça qu'il lui a confié son club-école l'an passé et le grand club cette année. On ne parle par d'un accident de parcours, mais de la méthode employée par une majorité de directeurs généraux de la LNH.
De plus en plus souvent, c'est l'entraineur de la filiale dans la Ligue américaine qui obtient la promotion pour venir poursuivre le travail qu'il a amorcé avec les jeunes qu'il a souvent déjà dirigé. Quand le bon candidat n'est pas dans sa propre cour, on va piger dans celle du voisin.
Michel Therrien et Dan Bylsma ont tour à tour dirigé la filiale des Penguins avant de coacher le grand club. Bruce Boudreau est passé par le même chemin avant d'aboutir à Washington. En considérant que Claude Noël dirigeait le Moose du Manitoba l'an passé, on peut dire qu'il est aussi du groupe. Le Moose a aussi servi de tremplin à Scott Arniel à Colombus. Alain Vigneault est passé par le même chemin avant de se voir confier les Canucks, le Moose étant alors associé aux Canucks.
À Dallas, Glen Gulutzan dirigeait le club-école de l'organisation depuis deux ans. Kivin Dineen n'était pas dans l'organisation des Panthers avant d'obtenir le poste mais faisait ses preuves à la barre des Pirates de Portland (AHL). Jack Capuano des Islanders dirigeait aussi la filiale de l'équipe avant d'être promu, même chose pour Joe Sacco au Colorado.
Bref, la Ligue américaine de Hockey est devenue la pépinière numéro un quand une équipe de la LNH est à la recherche d'un entraineur. Pour le reste, il y aura toujours les entraineurs établis qui ont le luxe de diriger quelques ou plusieurs équipes du circuit Bettman au fil de leur carrière, particulièrement dans les marchés où l'embauche d'un « nom » crédible semble plus importante qu'ailleurs.
Depuis le début du débat public provoqué par la décision de Pierre Gauthier approuvée par son président, plusieurs ont plaidé dans le sens que le Canadien ne devrait jamais se priver du meilleur homme disponible pour diriger l'équipe et ce, « no matter what ». Je veux seulement ajouter mon grain de sel sur cette question. Bien que Randy Cunneyworth était et demeure un excellent candidat pour diriger une équipe dans la LNH, quel tribunal d'experts en est venu à la conclusion qu'il s'agissait vraiment du meilleur candidat disponible même s'il est un entraineur recru dans la LNH ?
La nuance est que Cunneyworth était le meilleur candidat disponible avec lequel Pierre Gauthier souhaitait travailler, car ce dernier ne s'entoure que de gens qu'il connait.
Déconnecté comme il l'est de la réalité québécoise et de ce que le Canadien représente pour les habitants de cette province, Pierre Gauthier dirige cette équipe comme s'il s'agissait des Sénateurs d'Ottawa ou les Ducks d'Anaheim, soit sans grande considération pour tout ce qui fait de Montréal un marché si unique parmi les 30 de la LNH. D'ailleurs, ses décisions n'auraient provoqué aucune réaction ailleurs qu'ici.
Mais puisque nous sommes justement « ici », le dossier Cunneyworth demeurera une patate chaude jusqu'à la fin, car les dirigeants du Canadien ont beau maintenant s'excuser d'avoir possiblement vexé des gens, ils ne sont pas encore convaincus qu'il s'agissait d'une erreur.
La fiche d'une victoire et six défaites enregistrée par le CH lors des sept premiers matchs de Cunneyworth derrière le banc a fait en sorte que plusieurs observateurs ont cru que nous n'aurions même pas à répondre à la question suivante.
Dites-moi, on fait quoi si envers et contre tous, Cunneyworth conduit son équipe en séries, gagne au moins une ronde et que le public et les médias constatent que tous les joueurs semblent vouloir se défoncer pour lui même si son français se limite à quelques phrases comme « je suis très content » ? Une patate chaude jusqu'à la fin que je vous disais.














