Pierre Gauthier(Pierre Gauthier)

Photo: La Presse Canadienne

Si l'équipe va mal en ce moment, c'est parce que le directeur général Pierre Gauthier a commis des erreurs capitales qui ont ébranlé les structures d'une équipe déjà fragile. Quand tu sais que ton équipe a déjà toute la misère du monde à compter des buts, s'il y a une place où tu ne peux et ne dois faire aucun compromis, c'est bien en défensive.

Oui d'accord les blessures font mal, mais cet argument commence à me taper sur les nerfs et s'essouffle sérieusement quand on voit la cadence maintenue par une équipe comme les Penguins de Pittsburgh en l'absence de ses joueurs étoiles.

Spacek blessé ? On avait du mal à lui trouver une place dans l'alignement l'an passé quand tout le monde était en santé. Campoli blessé ? Ça ne devrait pas être trop lourd de conséquences puisque Gauthier a lui-même dit que cette acquisition n'était pas liée à l'absence prolongée de Markov, mais constituait simplement un geste pour ajouter de la profondeur à la ligne bleue. Gomez blessé ? Enfin une opportunité de laisser Jacques Martin diriger sans être obligé d'acheter la paix en gardant sur son jeu de puissance un gars qui a marqué son dernier but en février dernier !

Pendant que le directeur général continue de se cacher des médias et tente de rafistoler son équipe, c'est l'entraineur Jacques Martin qui doit répondre aux questions des journalistes.

Jacques a raison de rappeler que le Canadien a vécu un début de saison aussi difficile à sa première saison à la barre de l'équipe en 2009 récoltant seulement 4 points au classement à ses sept premiers matchs du calendrier.
Le Canadien avait ensuite remporté quatre parties d'affilée et navigué à travers les problèmes de Carey Price, les blessures et l'aide inespérée de Jaroslav Halak pour finalement se qualifier pour les séries avec une maigre récolte de 88 points et la huitième et dernière place y donnant accès.

La différence majeure est que là, Jacques Martin entreprend sa 3e saison, une année habituellement périlleuse à Montréal pour un entraineur dont l'équipe a du mal à remporter des matchs et dont l'équipe est à des années lumières de ressembler à celle qui peut aspirer à la coupe Stanley dès cette année de l'avis même de Geoff Molson.
Maintenant, à quoi pense Geoff Molson ces jours-ci quand il observe son équipe croupir au 29e rang de la LNH ?

Est-il impressionné de voir que Pierre Gauthier cherche encore à fournir à son entraineur un 4e trio du calibre de la LNH trois semaines après le début de la saison ? Considère-t-il que Gauthier a pris les bonnes décisions en gardant Hal Gill et en amenant Chris Campoli plutôt que de garder Hamrlik, sa meilleure police d'assurance depuis deux ans en cas de problèmes avec le genou de Markov ? Jusqu'à quel point est-il lui-même lié à ces décisions ou sont-elles le fruit des décisions de Gauthier seul ?

Gauthier s'est entêté à refuser de donner une deuxième année de contrat à un joueur qui considérait Montréal comme son chez lui en plus de faire partie du noyau dur des vétérans de l'équipe. En ce moment, Gauthier en a moins pour son argent avec les quatre millions qu'il donne à Gill et Campoli que s'il avait donné 3,5 $ millions à Hamrlik qui n'a jamais raté plus de 7 parties dans une saison depuis 2006 et qui aide plutôt Washington à connaitre le meilleur début de saison de leur histoire.

Le Canadien a publiquement joué la carte du fait que l'absence d'Andrei Markov était prévue. Sachant donc cela, mais ignorant le temps qu'il mettra à retrouver tous ses moyens à son retour en novembre ou décembre, Gauthier a quand même décidé de laisser aller deux de ses trois meilleurs défenseurs de la saison dernière en Hamrlik et Wisniewski. Résultat, c'est P.K. Subban qui à sa deuxième saison en carrière seulement se retrouve avec toute la pression en avantage et désavantage numérique.

Incidemment, à l'image de son équipe et de son ami Carey Price, Subban connait un début de saison plus ardu que prévu. Difficile de ne pas faire d'erreur quand un jeune joueur passe plus de 25 minutes sur la glace à chaque match et dans toutes les situations cruciales.