Andrei Markov(Getty)

Andrei Markov

Sans manquer de respect à ceux qui sont de cet avis, laissez-moi vous expliquer pourquoi ce questionnement ne tient pas la route. Premièrement, d'un point de vue strictement affaires, le Canadien ne pouvait et ne peut toujours pas se permettre d'amorcer la prochaine saison comme ce fut le cas de celle qui s'achève, soit en ne sachant pas savoir exactement à quoi s'en tenir avec Markov.

Deuxièmement, au plan personnel, après avoir subi deux opérations majeures au genou et une chirurgie arthroscopique, et surtout après avoir travaillé comme un forcené pendant aussi longtemps en gymnase et sur la patinoire - la plupart du temps dans la solitude -, la seule idée d'être en mesure de renouer avec la compétition et la vie de groupe représente rien de moins qu'une récompense très gratifiante pour le défenseur.

Mais pourquoi risquer de se blesser à nouveau au moment de l'année où la compétition est la plus féroce m'a-t-on demandé souvent au 98,5 FM en fin de semaine dernière. Entendons-nous sur une chose: pour le reste de sa carrière, nous serons tous instantanément inquiets si nous voyons le défenseur russe mettre du temps à se relever après une mise en échec dans un coin de patinoire. Markov est tellement un investissement à risque qu'aucune compagnie d'assurance ne veut courir le risque de l'assurer.

Encore aujourd'hui, j'ai un pincement au coeur quand Patrice Bergeron des Bruins de Boston est victime d'une sévère mise en échec tout comme c'était le cas de Max Pacioretty, en début de saison particulièrement. Il en sera de même pour Sydney Crosby dès jeudi alors qu'il tentera un deuxième retour au jeu cette saison. Ou pour tout autre joueur de la LNH qui revient après avoir été victime d'une blessure susceptible de mettre fin à sa carrière.

Sauf que lorsque les médecins ont donné le feu vert et que l'athlète brûle d'envie de se mesurer à nouveau aux meilleurs de sa profession, il faut tout simplement aller de l'avant. Il faut y aller intelligemment, mais il faut foncer quand même. Il est clair que Markov aura besoin de quelques semaines encore pour retrouver toute sa confiance et son synchronisme, mais à l'observer attentivement samedi et lundi, j'ai remarqué qu'il n'a rien perdu de sa lecture du jeu et de son sens de l'anticipation en offensive quand il a coupé à la ligne bleue adverse une sortie de zone des Sabres en fin de match.

Je ne peux encore prédire quel niveau de jeu Andrei Markov pourrait atteindre la saison prochaine si son genou tient le coup, mais je ne crois pas me tromper en me disant que le jeu de puissance du Tricolore ne sera certainement pas pire que celui de cette année et qu'il renouera même avec un minimum de respectabilité.

En attendant de voir si le Canadien pourra imiter les Sénateurs et les Devils l'an prochain en participant aux séries après une très mauvaise saison, la seule présence de Markov est de nature à rendre la fin de saison de l'équipe un peu plus intéressante même si la moitié des joueurs ont déjà sorti leur équipement de golf de la remise.