Le retour, très réussi d'ailleurs, de Jaroslav Spacek permet à l'entraineur d'habiller seulement un de ses deux défenseurs recrues (Diaz ou Emelin). Josh Gorges retrouve graduellement son aplomb dans sa zone. On note aussi une légère amélioration sur les unités spéciales. Bref, le Canadien est en voie de faire oublier le faux départ qui a coûté le poste de l'entraineur-adjoint Perry Pearn. Ajoutons aussi que Petteri Nokelainen est meilleur qu'Engvist, et que ça permet au coach d'avoir recours plus souvent à son quatrième trio.

Sans taper inutilement sur Scott Gomez, se pourrait-il que le Canadien soit meilleur sans lui? // Sans taper inutilement sur Scott Gomez, se pourrait-il que le Canadien soit meilleur sans lui?(Gerry Broome, Associated Press)

Sans taper inutilement sur Scott Gomez, se pourrait-il que le Canadien soit meilleur sans lui?


Il a toujours été clair pour moi que le Canadien représentait une meilleure équipe que sa fiche d'une victoire, cinq défaites et deux défaites en prolongation le laissait croire avant ces trois victoires en quatre jours. Il aurait suffi de quelques arrêts clés supplémentaires de Carey Price, deux ou trois buts en avantage numérique, et plus de discipline pour que le Canadien évite de faire la manchette pour les mauvaises raisons pendant cette séquence.


C'est que le niveau d'effort nécessaire et l'engagement des joueurs dans le système que propose Jacques Martin n'était tout simplement pas à la hauteur et ça, même un amateur de hockey aux connaissances moyennes pouvait le remarquer.

Les plus sévères diront à propos des trois victoires de suite du Canadien qu'elles ont été remportées contre une équipe - les Flyers - qui misait sur un gardien qui de son propre aveu - Brizgalov - n'est plus être en mesure d'arrêter un ballon de plage, et face à un adversaire - Boston - qui est encore dans son lendemain de veille de sa conquête de la Coupe Stanley. Je répondrai simplement que nous avons encore là la plus belle preuve que, tôt ou tard dans la saison, chaque formation de la LNH aura sa part de problèmes. Qui aurait cru que les champions en titre croupiraient en 29e place au classement général après leurs dix premières rencontres?

L'important, comme l'a souligné le directeur-général du Tricolore, Pierre Gauthier, est la façon dont un groupe va s'y prendre pour surmonter les obstacles, et on peut affirmer que l'équipe montréalaise vient de traverser avec succès sa première épreuve sérieuse de la saison. Reste à espérer qu'elle poursuive dans le même sens et que tout ça aura été un mal pour un bien.

Pierre Gauthier et Jacques Martin envisageaient une récolte de 100 points pour enfin permettre à l'équipe de faire partie du premier tiers de la ligue pour la première fois depuis 2007-08, alors que les joueurs dirigés par Guy Carbonneau avaient pris le premier rang dans l'Est grâce à une saison de 104 points. En s'inclinant dès la deuxième ronde, le Tricolore a fait la preuve cette année-là qu'il ne suffit pas d'avoir un certain succès en saison régulière pour être en mesure de le faire au moment où ça compte le plus.

Parlez-en à Bruce Boudreau! Washington vient de connaitre des saisons de 107, 121 et 108 points au classement sans être en mesure d'obtenir autant de succès en séries. Pittsburgh a accumulé 106 points l'an passé et 101 l'année précédente sans même atteindre la finale de conférence. Les Sharks ont récolté 105 et 113 points au cours des deux dernières campagnes et on connaît la suite.

Avant de savoir qu'il perdrait son adjoint Perry Pearn et que son club était sur le point de remporter ses trois prochaines parties, Jacques Martin parlait d'un objectif révisé de 96 points pour être en mesure de se qualifier pour les séries. Si l'on se fie au début de saison et à la parité qui règne dans l'Est comme dans la LNH au complet, il ne faudrait pas s'étonner qu'une équipe puisse se qualifier pour les séries avec seulement 88 points comme ce fut le cas de la Flanelle l'année des incroyables performances de Jaroslav Halak.

Maintenant que la première tempête est passée, il est rassurant de voir que personne n'a pris la situation à la légère au sein de l'organisation, des joueurs au personnel hockey. On ne peut pas juste dire qu'on fait partie des meilleurs clubs de la ligue pour faire plaisir aux partisans si on n'est pas prêt à s'investir totalement pour y arriver. La situation n'est parfaite chez le Canadien, comme dans la plupart des équipes de la ligue d'ailleurs, mais le retour éventuel d'un Andrei Markov est susceptible d'avoir un impact majeur sur la formation ainsi que sur le jeu de puissance. Mine de rien, le retour éventuel de Ryan White procurera éventuellement à Jacques Martin un atout de plus pour former un quatrième trio plus dynamique. Et que dire de celui de Scott Gomez... euh, pardon!


Je ne veux pas taper dessus inutilement au moment où l'équipe se replace mais je suis obligé d'admettre m'être demandé si le club était meilleur sans lui. Difficile d'ailleurs de ne pas rêver un peu à comment Pierre Gauthier aurait pu, ou pourrait éventuellement, utiliser les 7,5 millions qu'il gruge sur la masse salariale. Entre-temps, si Jacques Martin ne se sent plus obligé de respecter la hiérarchie et les années de services de son vétéran mais se fie uniquement sur les résultats et à la progression de Desharnais et Eller, c'est sur un quatrième trio et en désavantage numérique que le Gomer devrait se retrouver à son retour.


Chose certaine, les scénarios de grand ménage au Centre Bell ont pris le bord aussi rapidement que le Canadien s'est replacé avec trois victoires en quatre soirs. Si ménage ou autres changements il y a, c'est au printemps que ça se passera. Jacques Martin et Pierre Gauthier méritent la chance d'aller jusqu'au bout, après quoi les résultats feront foi de tout!