Penguins 4 - Flyers 8 - Le compte de trois

PHILADELPHIE - Douze buts, 69 tirs, 77 mises en échec et 158 minutes de punition...

Un texte de Guillaume Lefrançois

Le résultat net de cet après-midi de foire digne de la WWE est toutefois que les Penguins de Pittsburgh, vus il y a cinq jours comme des prétendants à la Coupe Stanley, sont à une défaite d'être balayés dès le premier tour. Les Flyers l'ont emporté 8-4, dimanche, dans le troisième match.

Les hommes de Peter Laviolette pourraient en finir avec la bande à Sidney Crosby dès mercredi.

« Cette série peut tourner vite, a rappelé le défenseur des Penguins Kristopher Letang. On va retourner à la maison pour s'entraîner et on va essayer de mettre un doute dans leur esprit. »

Les Flyers ont explosé avec quatre buts dès la première période. Et contrairement aux Penguins, qui ont laissé filer des avances de trois et de deux buts dans les deux premiers matchs, les Flyers n'ont eu aucun mal à protéger leur priorité.

Matt Read, Maxime Talbot et Daniel Brière, deux fois chacun, Wayne Simmonds et Claude Giroux ont marqué pour les Flyers. Jordan Staal et James Neal, tous les deux avec un doublé, ont répliqué.

Brière a ajouté une passe sur le premier but de Read. Le Québécois compte maintenant 101 points en 100 matchs éliminatoires dans la Ligue nationale.

Le gardien partant des Penguins, Marc-André Fleury, a cédé sa place à Brent Johnson après avoir cédé 6 fois sur 28 tirs dans les 2 premières périodes.

« Ils ont des chances, mais je dois faire des arrêts clés pour garder mon équipe dans le match. Chaque fois qu'ils ont une chance, on dirait que ça rentre. »

Depuis le début de la série, Fleury a accordé 17 buts sur 84 tirs, pour un taux d'efficacité de seulement ,798. Malgré ces statistiques, Dan Bylsma a réitéré sa foi envers le gardien qui lui a permis de soulever la coupe Stanley il y a trois ans.

« Ce n'est pas la faute de Marc-André si on en est là, a dit l'entraîneur-chef des Penguins. On a fait des erreurs, on s'est mis dans des situations... Je sais que Marc-André sera devant notre filet pour les quatre prochains matchs. »

Le zoo

Avant le match, les Flyers ont demandé à la foule un moment de silence en l'honneur de deux pompiers récemment morts en service. La demande a été plus ou moins respectée. Ça en disait long sur l'état d'esprit des quelque 20 000 spectateurs, presque tous drapés d'orange.

Le bain de sang annoncé par Scott Hartnell avant la série a finalement eu lieu en première période, devant cette foule assoiffée de sang. La scène la plus irréelle est survenue quand Sidney Crosby s'est battu contre Giroux, tandis que Kimmo Timonen et Kristopher Letang en venaient également aux coups.

« J'ai trouvé ça bon, a dit Laviolette au sujet de la bagarre Crosby-Giroux. C'est du hockey des séries. Deux des meilleurs joueurs au monde qui jettent les gants. Aurais-je aimé que Giroux garde ses gants? Bien sûr. Mais les joueurs des deux côtés sont prêts à tout pour gagner. »

« S'ils pensent nous battre en jouant de cette façon, ça ne fonctionnera pas », a laissé tomber Timonen, dont le visage portait quelques marques des poings de Letang.

Timonen et Letang ont été expulsés. Quelques instants plus tard, Arron Asham a lui aussi été envoyé aux douches pour un double-échec à la gorge de Brayden Schenn.

Après une deuxième période civilisée, les actes disgracieux ont repris de plus belle dans les cinq dernières minutes. Neal a déclenché les hostilités avec une mise en échec violente sur Sean Couturier, qui ne semblait pas ébranlé après le match.

Sur la séquence suivante, la guerre a repris, avec comme étincelle Evgeni Malkin qui cherchait à frapper tout ce qui bougeait. Crosby a bien failli en venir aux coups de nouveau, cette fois avec Brayden Schenn. Avant même la mise au jeu suivante, la bataille de rue a repris, cette fois entre Scott Hartnell et Craig Adams.

La foule rugissait, et question d'ajouter un peu de classe, une cloche de boxe s'est fait entendre, tout juste avant un message du lutteur Hulk Hogan à l'écran géant. Aucun doute, c'était bel et bien un gala de lutte...

À noter :

  • Le premier but de Talbot a été inscrit en désavantage numérique. Les hommes en orange totalisent trois buts en trois matchs dans cette série quand ils sont à court d'un homme.
  • Les Flyers ont enfilé quatre buts en avantage numérique en sept occasions. Depuis le début de la série, ils ont marqué dans 60 % de leurs supériorités numériques (6 en 10).