Mis à jour le: 31 mai 2012 02:09 | Par Julie Scott, La Presse Canadienne, thecanadianpress.com

Tonya Verbeek tentera encore sa chance

TORONTO - Après avoir remporté une médaille de bronze aux Jeux olympiques de 2008 à Pékin, Tonya Verbeek était pas mal certaine qu'elle avait pris part à ses derniers Jeux d'été.


TORONTO - Après avoir remporté une médaille de bronze aux Jeux olympiques de 2008 à Pékin, Tonya Verbeek était pas mal certaine qu'elle avait pris part à ses derniers Jeux d'été.

L'Ontarienne de Beamsville était contente d'avoir accédé au podium, mais il était temps de songer à faire autre chose.

«C'est exténuant, tu n'as plus d'énergie, s'est-elle rappelée en décrivant le moment où elle a déclaré qu'elle en avait fini avec les JO. Tu as le sentiment d'être rendue au bout de ton cheminement.»

C'est ce qu'elle croyait, du moins.

Quatre ans plus tard, Verbeek est de retour dans le but de tenter sa chance une nouvelle fois. Cette médaillée d'argent aux JO de 2004, à Athènes, n'a plus besoin que de l'or pour compléter sa collection de médailles olympiques.

Adepte d'un sport exigeant qui peut être très dur pour le corps, cette athlète de 34 ans a fait preuve d'une belle endurance au fil des années, tout en réussissant à maintenir un niveau de performance très élevé. Elle a notamment décroché la médaille d'argent aux championnats du monde de 2011.

Sa coéquipière Carol Huynh, qui a remporté l'or à Pékin le même jour où Verbeek a raglé le bronze, estime que cette dernière est «une inspiration».

«C'est une lutteuse tellement incroyable et c'est une personne incroyable aussi, a affirmé Huynh. Elle travaille tellement fort, elle a tellement une bonne attitude et elle a un esprit de compétition qui ne fait jamais défaut.»

Si Verbeek a réussi à retrouver le feu sacré après Pékin, c'est parce qu'elle s'est accordée du repos en 2010 afin de se remettre d'une blessure au dos. Ce congé lui a permis de remettre le compteur à zéro. Elle a obtenu son billet pour Londres aux essais olympiques en décembre.

«Cette période de repos m'a donné la bouffé d'air frais dont j'avais besoin pour continuer, a-t-elle expliqué. J'ai commencé à diviser mon calendrier d'activités en petits morceaux, en y allant compétition par compétition.»

Outre Verbeek chez les 55 kg et Huynh chez les 48 kg, la Québécoise Martine Dugrenier (63 kg) et l'Albertaine Leah Callahan (72 kg) sont les autres lutteuses canadiennes qui iront à Londres.

L'entraîneur de l'équipe féminine, Leigh Vierling, s'est dit d'avis que les quatre ont des chances de décrocher une médaille.

Mais lorsque d'autres évoquent les noms d'athlètes susceptibles d'accéder un podium, celui de Verbeek est rarement mentionné. Vierling a fait remarquer que ç'avait également été le cas avant les Jeux de Pékin et d'Athènes, et ça le rend fou de constater qu'on n'accorde pas plus de respect à sa protégée à l'extérieur de la communauté de la lutte.

«Au bout du compte, quand ces filles-là mettent le pied sur la balance avant une compétition, je suis excité d'avoir celle-là avec nous dans notre équipe.»

Dire qu'à une certaine époque, Verbeek n'était même pas certaine qu'elle pourrait un jour disputer des Jeux olympiques.

Après avoir remporté un championnat national et terminé cinquième aux championnats du monde de 1995, Verbeek s'est retrouvée dans l'engrenage d'une catégorie de poids très compétitive chez les 55 kg. Elle a dû pédaler fort, pendant une décennie, rien que pour se qualifier pour les Mondiaux. Elle s'est qualifiée de justesse pour les JO d'Athènes après avoir battu sa rivale canadienne Jen Ryz dans un match éliminatoire, puis participé au dernier tournoi de qualification olympique.

Il y a eu des moments, avant qu'elle ne devienne l'une des premières femmes de l'histoire à remporter une médaille olympique en lutte, où elle a songé à tout laisser tomber. Mais il y a quelque chose en elle qui l'empêchait de se résigner à cela.

«Je ne suis pas une lâcheuse, a-t-elle dit. Je n'aime pas baisser les bras.»

En vieillissant, Verbeek a peaufiné son programme d'entraînement, y ajoutant notamment du Pilates et du yoga Bikram, c'est-à-dire pratiqué à des températures élevées. Cela lui permet de mieux prévenir les blessures.

«Je ne m'entraîne pas nécessairement plus fort à ce stade-ci de ma carrière, a-t-elle noté. Je m'entraîne de manière plus intelligente. J'écoute mon corps.»

Huynh est impressionnée par le volonté de Verbeek de continuer à s'améliorer malgré tous les succès qu'elle a connus.

«Elle a encore assez de passion pour son sport pour vouloir s'améliorer», a souligné Huynh.

Verbeek est certaine cette fois: les Jeux de Londres seront ses derniers. Ceux de Rio, en 2016, ne sont même pas une possibilité, dit-elle.

Mais celle qui a déjà commencé à travailler comme entraîneuse, à l'université Brock à St. Catharines, en Ontario, n'est pas encore prête à prendre sa retraite à titre d'athlète.

«Je sais que j'adore encore la compétition, a-t-elle affirmé. C'est pourquoi je suis encore ici.»

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